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<title>quoi-mon-adn</title>
<description>Petite histoire personnelle</description>
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<lastBuildDate>Mon, 12 May 2008 07:42:44 +0200</lastBuildDate>
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<title>Le canard des doutes (emprunt au très grand Monsieur Rezvani)</title>
<link>http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/archive/2007/10/10/ts.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (Michel Horville)</author>
<pubDate>Fri, 12 Oct 2007 00:30:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;A qui demander, dans les générations qui ont connu ma naissance. A qui s'adresser, pour tenter d'entrevoir ce qui a pu se passer, ne pas se passer, ce qui a pu se dire, ne pas se dire, s'imaginer et se transmettre quand même. Par qui, à qui, quand, à quelles occasions, dans quels buts. Qui a eu connaissance de quelque chose et de quoi. Qui se souviendrait encore de quelque dissimulation qu'il faudrait mettre au jour. Existe-t-il encore quelque souvenir d'importance qui puisse reconstituer, dans une tête pensante, une identité rendue instable et floue par la destruction rose-marienne, par la perfusion adolescente du sournois ragot adulte. Y a-il &lt;i&gt;réellement&lt;/i&gt; quelque chose à savoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quels que soient les chemins que j'emprunte, ma conclusion demeure. Où se situe la frontière entre les réels et les imaginaires, imaginaires et réels d'hier, seuls imaginaires d'aujourd'hui. Ma décision, lorsque que cette chose parvient à ma pensée, plus souvent que je ne le voudrais, c'est que je ne demanderai rien à personne. Parce que personne n'aura rien à me dévoiler, à m'infirmer ou me confirmer. Pour une raison simple : s'ils savaient, ils auraient parlé depuis longtemps. D'une manière ou d'une autre, ils se seraient lâchés, et je m'en souviendrais, bien sûr, je ne pourrais pas ne pas m'en souvenir. Donc cela n'existe pas, donc je ne demanderai pas. Que le &lt;i&gt;canard du doute&lt;/i&gt; se déroute.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant la scène des haricots verts, si cela était, si cela existait, ce serait sorti. Il n'aurait jamais pu se retenir. Il l'aurait balancé à la figure de ma mère adultère. Il était tellement ivre de fureur contre moi. Ce serait sorti, fatalement, ce serait sorti. Bâtard. Tu n'es même pas le fils de ton père. Pour qui te prends-tu. Qui crois-tu être pour me résister, à moi, ton oncle André. Cécile, dis-lui donc qui il est. D'où il vient, ce bâtard sans père, ce faux fils, ce fils de rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce type portait la méchanceté en lui mais j'ai fini par avoir pitié de sa bêtise. C'était un dimanche, dans leur maison, là-haut, comme ils disaient. Nous étions attablés dans la cuisine d'été, devant un repas comme ils les affectionnaient, ces paysans transformés en ouvriers, ces ouvriers restés paysans, dégoulinant. Pâtés, rosette et jambon du Morvan, asperges fraîches à tremper dans une mayonnaise du jour composée de vrais oeufs issus de vraies poules piaillant dans un vrai poulailler, râble de lapin rôti, cuisses de lapin flottant dans une sauce au vin et mousserons des prés, nous étions au printemps, haricots verts, petits pois, carottes à la crème, frisée de la troisième rangée ramassée le matin même, faisselle de la ferme de la gare, camembert d'Isigny, pommes du pommier, poires du poirier, meringue du boulanger, vacherin du pâtissier, café, pousse-café. Rendu à la case légumes je sens que je vais rendre, je n'en peux plus de tant d'abondance, j'avais faim, charcuteries et cornichons m'ont rassasié, je n'aime pas cette maison, je n'aime pas ces dominicaux débordements qui feront les restes de nourriture pour la semaine à venir, je n'aime pas cette violente obligation de devoir tout avaler sans discuter, sans déguster.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'extérieur je montre que je n'ai plus faim, que je suis déjà repu, gavé comme une oie. A l'intérieur je pleure mon père, je vois cette mère fragile, je me sens incertain, perdu, comme elle qui ne sait pas où elle va, de quoi seront faits ses lendemains de veuve. Je veux qu'on me laisse en paix, je n'avalerai pas un seul de ces haricots.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un véritable déchaînement. Une fureur de mauvais tuteur qui ne connaît rien mais qui sait tout, comment on élève les enfants, surtout les garçons, qui s'adjuge à présent le rôle de l'homme qu'il faut pour mater la jeunesse qui ne commande pas mais doit obéir et surtout un garçon qui doit être dirigé par une mâle autorité et ce n'est pas ma mère qui en aura de l'autorité sur moi elle qui me couve trop et qui me passe tous mes caprices même celui de cette outrecuidance de ce refus de manger un seul haricot de ce plat délicieux que nous nous sommes fatigués à préparer avec le si peu d'argent que nous avons et ce sont des haricots du jardin et il faut respecter mon travail pour gagner de quoi nous payer ces viandes en sauce et rôties que l'on peut s'offir chaque dimanche avec mes clapiers que j'ai construit de mes mains de mensuisier et il faut respecter le jardin que j'entretiens quand je rentre fatigué de l'usine et ce n'est pas à douze ans qu'on donne son avis sur ce qu'on doit avoir sur la table et qu'on dit aux adultes qu'ils mangent trop et ce n'est pas à douze ans qu'on fait ce qu'on veut et ce n'est pas parce qu'il n'a plus de père qu'on doit tout lui laisser faire et si ton père avait été là tu les aurais mangé ces haricots sale gosse qui ferait mieux de rentrer au centre d'apprentissage pour travailler le plus tôt possible et finir comme contremaître à l'usine plutôt que de vouloir aller au lycée qui ne sert à rien et ne mène nulle part à quelque chose d'utile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voilà la charge. L'école ne sert à rien. Aucune affaire de fausse filiation. Seulement du ressentiment. Travailler de ses mains, pas de sa tête.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une fierté nouvelle m'envahit. Je me souviens très bien d'elle ce dimanche ensoleillé. Mon corps se remémore l'apparition de cette douce compagne que je retrouverai souvent, pour un travail bien fait, pour une belle idée, pour un beau projet, pour un point de vue bien défendu, une fierté intérieure et bien dissimulée. Une fierté que je garde précieusement pour moi seul. Une fierté que j'ai découverte, là, au-dessus de vulgaires haricots verts posés sur un ridicule flamand rose dressé sur une patte avec son regard vide au fond d'une assiette de fausse porcelaine mal peinte. Une indéfinissable chaleur lovée dans un doux chatouillis tournicotant autour du nombril. Un bien-être intérieur qui modifie mon regard en un sourire satisfait et moqueur mais prudemment masqué par de faux pleurs, s'il voit que je me moque de lui ce sera pire qu'avec Mademoiselle Bata et ma punition exhibée devant tous les élèves du lycée, je ne dois rien montrer de ma satisfaction, seul mon frère C. pourra la partager, il est là, et je crois bien que la fin des haricots lui plaît, nous quittons ensemble la table, il m'emmène à la pêche que je n'aime pas, mais ça nous éloigne de ce fou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon silence a vaincu ses hurlements d'ignorant, d'ours mal éduqué, pas comme mon père si bien élevé et qui me manque tant. Je suis sorti vainqueur. S'il avait été là il aurait été fier de son dernier fils, parce qu'il n'aimait pas ce rustre qui s'adressait au type du téléviseur Ribet-Desjardins comme si celui-ci pouvait l'entendre mais ne connaissait pas une seule mesure de la neuvième symphonie de Beethoven qu'il n'avait jamais entendue nulle part tandis que lui aimait à l'écouter aussi souvent que le curé pouvait lui prêter l'électrophone Teppaz et les disques de musique classique de&amp;nbsp; la paroisse Saint Laurent, c'est formidable disait-il, d'entendre l'orchestre entier dans sa salle-à-manger, nous n'avons pas la télévision et nous ne l'aurons jamais. Il avait perdu la face.&amp;nbsp; Il aurait bien voulu me forcer, plonger ma sale frimousse à lunettes dans l'assiette et me contraindre à brouter ses haricotures mal cuites, mais on avait pu l'empêcher, lui faire comprendre qu'il avait trop bu, qu'il fallait arrêter ça, que je n'étais qu'un gamin encore dans la peine. C'est sa belle-mère, ma grand-mère qui lui a fait entendre raison. Elle seule pouvait faire cette chose là, réussir à le faire taire. Il était ridicule, parce qu'il avait peur d'elle, mais pas mon père. Elle le savait la grand-mère, elle le respectait pour ça, et je le savais aussi, tout le monde le savait, c'était elle qui commandait tout, mais pas chez nous, non, pas chez nous, pas tant qu'il était vivant, c'était comme ça, il ne la craignait pas, il lui résistait, comme j'avais résisté ce jour-là. Je reprenais le paternel combat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si ce n'est pas sorti, cette chose là, ce jour là, c'est qu'elle n'existe pas.&amp;nbsp; A quoi bon aller se ridiculiser auprès de ce type, auprès de sa femme, ma gentille et nigaude tante Marcelle, auprès de leur fille, hémiplégique depuis l'âge de vingt-sept ans, peu avant la mort de mon père dont on dit que ce serait son inquiétude pour cette nièce si jeune paralysée qui l'aurait fait mourir si vite. Ces gens ont connu bien plus de douleurs que moi avec ma ridicule petite question d'identité, je suis bien moins à plaindre qu'eux, et je gagnerais quoi à entrer bousculer leur vie pour ressasser de vieilles choses qui n'ont peut-être jamais existé, une bonne analyse me suffira c'est fait pour ça. Du réel et de l'imaginaire de ce passé qui me concerne au plus près, une seule personne aurait pu parler. Ma mère. Elle ne le ferait plus jamais.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Retourne patailler, pataille, tes patailleries de catin je voudrais tant ne pas les connaître.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je connais mon ADN. C'est celui de la main de mon père. Albert. Sa main. J'en parlerai de sa main. C'est un vrai bon souvenir, sa main. Je ne connaîtrai jamais d'autre paternelle main, que je porte ou non ses yeux, ses cheveux, son a, son d, son n, son adn.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fin du chapitre 10&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Jovouchris</title>
<link>http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/archive/2007/10/08/nouvelle-note.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (Michel Horville)</author>
<pubDate>Tue, 09 Oct 2007 00:45:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Cassis, fraises, framboises, groseilles. Feuilles rondes et larges tiges de rhubarbe où le rouge danse en fines lignes sur le vert. Disparition du vert. Coupure au sécateur. Elimination des feuilles. Efilage des tiges. Cuisson. Compotes. Confitures. Mélanges de pommes. De coings. Pâtes de coing. Cognassier abattu. Plus de coings. Pommier supprimé. Plus de pommes. Noisetier éliminé. Plus de noisettes. L'herbe verte de la pelouse bien élevée remplace la terre brune, grasse, boueuse, sèche, incivilisée, où virevoletaient des poules. Parfois un coq. Plus de barrières de bois goudronné de noir. Plus de portillon pour accéder au poulailler, aux clapiers de lapins, au masque à gaz de la guerre de 14 souvenir du grand-père Gapsard et qui traîne dans la barraque à outils où règnent en maîtres établis, marteaux, tournevis, villebrequins rouillés, tamis de tous grains, cannes à pêche, moulinets, brouettes, bicyclettes, pelles, pioches, rateaux, balais de paille, chapeaux de grand-mère sans forme, chapeau claque et chapeau melon, fraques, redingotes, pots rouillés, de peintures séchées, de gras et odorant goudron, toiles d'araignée et verre cassé. Même le tas de fumier disparaît. Dernières dispersion du naturel enrichisseur de sol sur les platebandes de pommes de terre, de carottes, de haricots verts, de salades, de choux, de navets, derniers épuisements rénaux avant l'avènement de l'emballage plastique déverseur d'engrais liquides et en granules et qui empestent tous la chimérique chimie, le démoniaque amoniac, gaz à se protéger au masque tellement ça pue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les toilettes rentrent enfin à la maison. Par l'écurie de la vache. Annexée. Transformée. Plus d'écurie. Moins de place pour entasser le bois pour l'hiver. Plus besoin de bois. Le chauffage se centralise et s'électrise. Le poêle à charbon se muséise. Fin de règne silencieux pour ce vieux Godin qui ne ronfle plus de rien, ni de charbon, ni de bois. Du bois qu'il fallait couper, l'été et l'automne pour l'hiver, l'hiver pour ne pas finir par geler dans ce Morvan noir, triste et beau. Du charbon qu'il fallait aller chercher, par deux seaux, au charbonnier derrière la maison, en faisant le tour de l'écurie de la vache. Marguerite. La vache. Elle s'appelait Marguerite. Je sens encore son ADN de vache qui coule en moi. J'ai dû la connaître. Je revois son oeil droit bovin, derrière son unique tache noire sur sa robe blanche. J'ai du boire son lait. Son ADN me sera-t-il resté ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Puisqu'il paraît que vous avez commencé avec un détail, et qu'un détail c'est fait pour grossir et finir en fait majeur, un jour, dans votre monde meilleur, un jour, devra-t-on aussii éprouver l'ADN de ses souvenirs pour prouver d'où venir ? Bien sûr c'est exagéré. Exagérer, c'est le travail de l'homme révolté, sans qui le pire est presque sûr et l'exagéré d'un jour un bien faible cri le lendemain. Et c'est tout ? C'est tout ce que vous avez fait au début ? C'était là votre seule protestation ? Pourtant, vous saviez, qu'il suffisait de commencer. Oui, nous savions. Nous savons.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quatre vingts ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle aura dû attendre d'avoir quatre vingts ans pour ne plus devoir sortir, dans la chaleur, la douceur, le sec, l'humidité, la pluie, la neige ou le froid, descendre les trois marches en pierre creusées d'usure de l'escalier, ouvrir le portillon qui mène au poulailler, prendre à droite du bac à fumier, puis à gauche du bac à cendres -là où l'on déversait les résidus issus du bois et du charbon brûlés dans le poêle Godin, avant de les répartir à leur tour sur la terre nourricière d'une famille entière-, descendre le petit chemin entre l'arrière de la baraque à bric-à-brac et le grillage de la propriéte voisine -celle d'un couple dépareillé, lui, le père Jean, plus âgé qu'elle, ronchon, peu sociable, fuyant, parlant peu, et elle, Georgette, toujours à demander si tout va bien Mémé, es-ce que vous allez à la messe dimanche, est-ce que je dois vous amener des commissions du bourg, est-ce que vous allez prendre de la viande au camion du boucher quand il va passer, est-ce que vous préférez notre boucher du bourg ou celui du village voisin, est-ce vous vous couchez bien tôt, est-ce que vous dormez bien, et quand est-ce que viennent vos deux gamins, C. et moi-, entrer dans la latrine où Louis, le locataire de l'un des deux petits appartements de la maison a installé une sorte de banc de bois percé d'un trou, permettant de poser les fesses au dessus de la fosse sceptique puante qu'il faut penser d'alimenter en granules et de faire vider de loin en loin par le camion citerne ramasseur, se défaire de ses affaires, se soulager de ses misères, se nettoyer, nettoyer, repartir en sens inverse, celui de la montée, vérifier si les lapins sont bien dans leurs clapiers, appeler Georgette pour bavarder si par hasard elle ne s'est pas manifestée, éviter Mademoiselle Jeanne, l'autre locataire du second petit appartement de la maison, une vieille fille tordue de tous les côtés, une sorcière qui a sûrement le Petit Albert dans ses étagères et qui, le soir venu, appelle les &lt;i&gt;jovouchris&lt;/i&gt;&amp;nbsp; -les chauve-souris-, une ancienne pontonnière de l'usine, elle a arrêté de travailler à soixante cinq ans, usée, tortillée, tordue, bossue, tellement gentille et pleine d'histoires pour les gamins qui l'aiment bien mais difficile à supporter pour les gens du quartier, trop sauvage, trop spéciale, une fille née dans la maison qu'on voit éclairée la nuit dans le montagne de la Certenue, une maison de parsisiens, mais quand elle est née et qu'elle a grandi là-dedans c'était une maison d'ours dans les bois, c'était il n'y a pas si longtemps, souvenez-vous en.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il fallait voir cette femme courage, cette femme rude et tendre, enfermée dans ses trop nombreux secrets, ses douloureux souvenirs, affectée mais attachée à ses récits du passé, le premier moteur à explosion entendu sur un chemin à la sortie d'un bois, le premier tracteur dans le champ du beau-frère, la première voiture de la belle-soeur, les moissonneuses batteuses, les foins, les fêtes des foins, les mariages, les naissances, les baptèmes, les communions. Elle était la reine, la grand-mère de tout un village, cette femme qui avait élevé toutes les filles des Grands Champs, du bourg, de Chapey -d'où sortira un député UMP-, de Montdarneau, de la gare, de la ferme -dont un des petit-fils de mon âge sera maire du village et conseiller général-, plutôt les filles que les gars, parce qu'elles étaient toutes les camarades de classe ou camarade de communion de l'une ou l'autre de ses deux filles, Marcelle et Cécile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pourrais en raconter, comme elle à la veillée. Je pourrais la refaire parler, encore et encore. Je connais toutes ses histoires. J'ai appris toutes ses recettes. Je cuisine son Morvan. Mais aurais-je pu, aurais-je dû, la cuisiner ? Elle. Elle qui savait tout. Pour mon ADN aussi, elle devait savoir. Souvent j'y ai pensé. Et puis quoi. J'ai renconcé. Dès que j'y pensais je trouvais cette question parfumée d'indécence nauséabonde, de désobligeance vaniteuse. Qui serai-je donc ainsi qui oserait venir troubler ce quadruple deuil, de cette affection toute entière tournée vers une autre génération que la première engendrée. Où donc serait passé mon respect de son silence, mon écoute de sa souffrance, et notre bonheur à tous de la faire rire, parler, chanter, oui, chanter, en patois, naturellement en patois, forcément en patois. Chante, disait-il. Et elle chantait. Puis pleurait. Je n'ai pas le droit. Et pourquoi pas. Chante, grand-mère, chante Mémé, chante. Personne ne t'en voudra jamais pour ça. Ni au ciel ni ialleurs. Chante. Et que les patailles pataillent, c'est leur affaire, nous avons mieux à faire. Silence. Respect. Assez De Nullités.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fin du chapitre 9&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;i&gt;Qui vole un oeuf vole un boeuf&lt;/i&gt; (ma grand-mère)&lt;br /&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Mes ententes</title>
<link>http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/archive/2007/10/05/mes-ententes.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (Michel Horville)</author>
<pubDate>Sat, 06 Oct 2007 00:10:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;La perte de tous ses enfants adultes. Voilà ce qu'elle a vécu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une &lt;a href=&quot;http://www.pol-editeur.fr/catalogue/ficheauteur.asp?num=173&quot;&gt;auteure&lt;/a&gt; se sentirait dépossédée de son histoire personnelle par une &lt;a href=&quot;http://www.pol-editeur.fr/catalogue/ficheauteur.asp?num=54&quot;&gt;écrivaine&lt;/a&gt;, ou l'inverse si vous pensez qu'une appellation vaut mieux qu'une autre. Le grand sujet littéraire du moment serait donc la perte d'un enfant. En bas âge. En très bas-âge. A la naissance. Avant la naissance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais elle, ce qu'elle a vécu, c'est la perte de tous ses enfants. Adultes. A l'âge mûr. Mais moins que le sien. Voilà ce qu'elle a vécu. Cet illogisme là. En silence. Dans la douleur. Dans la solitude. Dans la force de la vie. Parce qu'il faut vivre. Que voulez-vous faire d'autre. Vivre. Ecouter le silence. Parler le passé. Résigner l'avenir. Rester là. Les autres ont besoin de moi. Les enfants de mes enfants. Le premier enfant de ces enfants c'est mon arrière petit-fils. Je suis née en 1890. La même année que Charles de Gaulle. Quatre-vingt huit ans me sépare de cet arrière petit-fils là. J'en aurai vu, naître et disparaître, des gens. Mais le plus dur.&amp;nbsp; Le plus inconvevable. Le plus ineffaçable. Le plus inacceptable. C'est la mort de ses enfants. Pourquoi suis-je encore là alors qu'ils sont tous partis. Voilà la seule question qui occupe mes nuits et mes jours. A laquelle je ne trouve aucun repos. Qu'ai-je fait pour mériter un tel sort. Un tel acharnement. Un tel jugement. Une telle punition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier c'était Albert. Mon gendre. Celui qui ne pouvait se soumettre à ma loi. Quelle loi je ne sais pas. Je voulais seulement garder mes deux filles près de moi. Ce n'était pas bien compliqué. On a toujours fait comme ça chez moi. A la campagne. Les filles restent près des parents et les gendres vont habiter chez la fille. Mais il disait qu'il ne respecterait pas cette loi là. Alors il est parti avec elle. A la ville. Je devais prendre l'autorail ou l'autobus pour aller les voir. Leur porter de quoi manger. Des salades du jardin. Des haricots verts. Des tomates. Des oeufs de mes poules. Et lui, quand il venait, il aimait s'asseoir sur le mur du bas. Au bord de la route. Il comptait les voitures qui passaient. Et moi je le regardais assise derrière ma fenêtre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis un soir de printemps, il commençait de faire chaud, il est passé. Nous avons accouru, en taxi. Avec mon autre fille, Marcelle. Cécile nous attendait. Ses deux fils aussi, C. et M.. Le troisième, R., l'aîné, viendrait plus tard de Paris. Il fallait habiller le mort. Nous y avons passé la journée. Le soir il était beau dans son sommeil. Il était comme mon fils. Je l'aimais bien plus qu'il ne le savait. Il nous faisait rire. Il aimait rire. C'était un musicien. Intelligent et fin. Il aurait pu aller bien plus loin. Il avait voulu emmener la famille à Lyon où il avait une tante. Je n'ai pas voulu. J'ai tout fait pour qu'ils restent ici. Je ne voulais pas les sentir loin. Pensez donc, Lyon. Comment serais-je allée à Lyon. Une si grande ville. Tellement loin de la vallée du Mesvrin, pour moi qui vient de Chauselin, perdu au-dessus de Valvin, perdue au-dessus de Mesvres. Je me souviens très bien de ce qu'il avait dit de moi, une des rares fois où j'ai été malade. Que j'allais tous les enterrer. Et c'est ce qui s'est passé. Pourquoi. Pourquoi. Pourquoi. Je ne comprends pas. Je ne comprendrai jamais.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Après lui, il y a eu Cécile, sa femme, ma seconde. Que peut-on dire de ça. Arriver dans un appartement où l'on découvre une suicidée. Sa propre fille. J'étais venue avec sa soeur. Passer la journée. Départ du bus à sept heures. Arrivée à huit heures. Nous sonnons chez elle à huit heures et quart. Pas de réponse. Nous insistons. Rien ne se passe. Je prends la clé dans mon sac et nous ouvrons. Je préfère taire ma douleur. Ma pauvre Cécile est là. Mais rien n'y fera. On la ramènera sans vie. Je dois faire face. Accepter cela. Il lui restait deux grands garçons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C. est à l'unversité. Loin. Je ne sais pas bien ce qu'il fait. De l'anglais. C'est mon garçon préféré. Pensez. Il est né dans ma maison, lui. Pas à la ville, comme R., ou pire, à la maternité comme M. Mais C., c'est surtout le préféré de sa tante Marcelle. Moi je les ai toujours aimés, tous les quatre, les trois garçons de Cécile et la fille de Marcelle, Josette. Mais là, quand Cécile s'en va, il reste deux grands garçons, C. et M. qui ne sont pas encore majeurs. C. n'a que dix-neuf ans. Encore deux ans avant sa majorité. Il veut être émancipé. Son frère R. a fait sa vie à Paris. Un beau policier. Il voudra bien l'émanciper. Mais qu'est-ce que ça veut dire émanciper. Il lui faut bien avoir quelque part une vraie maison où aller. Une maison, pas une chambre. Il ne peut pas rester toujours dans sa résidence à l'Université. Et M. alors. A ce moment là il n'a que seize ans à peine. R. aurait bien voulu qu'il se mette au travail. Mais quoi faire à cet âge. Oui, quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant il serait rentré à l'usine. Mais maintenant, c'est presque fini l'usine. Plus personne ne veut aller à l'usine. Et ils n'embauchent plus. C'est ce que mon gendre, André, le mari de ma fille Marcelle voulait aussi, que M. travaille. A seize ans on peut se mettre à gagner sa croûte qu'il disait. Mais C. a défendu qu'il fallait qu'il aille au lycée son petit frère. Surtout qu'il aime apprendre, et qu'il joue du théâtre, qu'ils disaient tous les deux. Des vrais complices. Des vrais frères. Mon gendre disait que ça ne servait à rien. Quand je les vois aujourd'hui je sais que c'est C. qui savait le mieux de tous ce qu'il fallait faire. Il a eu raison. Ces deux enfants là ont fait leur chemin, comme leur plus grand frère, R., parti bien jeune de la maison faire le pompier à Paris, puis le policier, je crois même qu'il est commissaire. C. et M., se sont toujours bien occupés de moi. Je leur ai ouvert ma maison et c'est eux qui m'ont le plus aidé à continuer à vivre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand il était au lycée, M. venait, chaque vendredi soir, et il repartait par la micheline de six heures le dimanche. Il aimait mes oeufs en meurette, mes oeufs en neige, mes oeufs en flanc, il aimait aller se promener dans la forêt, il aimait faire venir des amis et des amies à lui dans ma maison. Je n'ai jamais compris pourquoi il aimait cela, mais j'ai vécu mieux comme cela. La semaine passait. Je l'attendais. Marcelle, André, leur fille Josette et son mari Georges, venait me voir chacun à leur tour chaque jour. Je n'ai jamais été seule. Marcelle ne s'est jamais éloignée. Avec mon mari Gaspard, on leur avait donné notre terrain, là-haut, sur la route qui mène au bourg, pas loin. Ils ont fait construire leur maison. Quand on a fait ça, Cécile et Albert eux, ont habité dans notre maison, puisque c'était à eux qu'elle irait à notre mort, en échange du grand terrain de Marcelle, c'est comme ça que l'on avait partagé, c'était ce que Marcelle voulait. Pourtant rien ne s'est passé comme on avait prévu. Cécile et Albert sont partis habiter à la ville vosine pour leur premier enfant. Albert ne s'entendait pas trop bien avec André. Ensuite ils sont revenus pendant la guerre. Et ils sont repartis à la ville après la naissance de leur deuxième, C., dans la maison, dans ma chambre, ou bien dans le petit-deux pièces, là, juste au-dessus de chez moi, je ne me souviens pas bien de l'endroit. Et quand M. est né à son tour, j'ai su qu'ils ne reviendraient pas. J'ai tout essayé mais rien n'y a fait. Pourtant j'avais perdu mon Gaspard sous les roues d'un char de foin, en 51, c'est la seule date dont j'arrive à me souvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis le cancer. Voilà le cancer. Le cancer du poumon. De la plèvre ils ont dit. Mais c'est quoi la plèvre. Pourquoi cette douleur. Pourquoi cet acharnement. Pourquoi m'imposer de devoir aller chaque jour à l'Hôtel-Dieu visiter ma fille aînée, la regarder mourir et ne rien pouvoir faire. Ma Marcelle. Il n'y a pas de mots pour ça. Chaque jour, prendre son sac, quitter la maison, se rendre à la gare à pied. Attendre la micheline des écoliers le matin et le train des ouvriers le soir. Souvent revenir avec André qui a fini de travailler à l'usine. Un cancer de la plèvre. De la morphine. Qu'est-ce que c'est que de la morphine. Ils m'ont dit qu'elle ne souffrait pas parce qu'on lui donnait de la morphine. J'ai bien vu comme elle changeait. Comme elle gonflait. A la fin elle dormait. Elle ne reconnaissait plus rien. Elle n'entendait plus personne. Elle est partie. Enfin, elle est partie. C'est terrible à dire, mais c'était mieux. Ma pauvre Marcelle. Et moi je ne suis pas partie. Je suis là. Mais pourquoi. Pourquoi. Pourquoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le dernier ce fut André. Lui aussi. On se sait pas comment ça lui a pris. Ce fut pareil que ma Marcelle. Le même cancer. Mais au moins lui, il fumait. Du tabac gris. Il roulait ses cigarettes. Mais pas elle. Pas Marcelle. C'est lui qui aurait dû être malade en premier. Il paraît qu'on peut mourir quand on fume trop. Mais pas quand on ne fume pas. Marcelle ne fumait pas. Il est parti vite. Il a fallu que je reprenne mes allées-et-venues à l'Hôtel-Dieu. Tous les jours. Mais Georges et Josette m'y emmenait en voiture le plus souvent. Je prenais moins le train. Et ça a duré moins longtemps. Il est revenu mourir chez lui. Là-haut. Dans la maison qu'ils avaient fait construire. Sur le terrain qu'on leur avait donné. Il n'était pas mon préféré André. Mais c'était le dernier. Le dernier de mes enfants vivants. Après la mort de Marcelle, de Cécile, d'Albert, je n'avais plus que lui comme enfant. Il venait chez moi tous les jours. Il allumait mon poêle à charbon tous les matins. Il allait au bourg, et me rapportait des courses. Je n'allais plus au bourg que le dimanche matin. Pour la messe. J'ai toujours aimé marcher. Même si c'est loin le bourg. Il venait tous les jours André. Et maintenant je les ai tous perdus. Rien ne s'est passé comme on l'avait prévu. Il sont tous partis. Mes deux filles. Mes deux gendres. Vous ne me direz pas que c'est normal. Vous ne me direz pas que je suis à ma place ici. Alors qu'eux sont dans leurs tombes. Expliquez-moi. Dites-moi. Je voudrais savoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en 1983 qu'elle saura, à l'âge respectable de quatre vingt treize ans . Si elle sait. S'il y a quelque chose à savoir. A part &lt;a href=&quot;http://www.frmusique.ru/texts/f/ferre_leo/nechantezpaslamort.htm&quot; title=&quot;Caussimon-Ferré&quot;&gt;la mort&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fin du chapitre 8 - garanti sans ADN -&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;a href=&quot;http://www.paroles.net/chansons/16535.htm&quot;&gt;&lt;/a&gt;
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<title>Promenons-nous dans les bois tant que l'ADN n'y est pas</title>
<link>http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/archive/2007/10/04/digression.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (Michel Horville)</author>
<pubDate>Fri, 05 Oct 2007 00:05:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;Bulletin d'information scientifique&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/images/thumb_P1070197.JPG&quot; alt=&quot;medium_P1070197.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons retrouvé des traces d'adéhènes dans la forêt de Fontainebleau. Les adéhènes sont des géants qui se battent contre plus petits qu'eux, les arvennes et les arduennes, et contre une autre espèce de géants, les ogéhèmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour l'instant ce sont les ogéhèmes qui semblent avoir gagné une première bataille, attentivement observée par les petits arduennes, arvennes, et autres tribus photographiantes qui se promènent le dimanche en forêt de Fontainebleau le plus souvent armées d'appareils numériques. La preuve par l'image, à la suite de Cognacq Jay, l'arduenne de service ce dimanche 30 septembre 2007 à la maison des chasseurs d'images, dont vous apercevez les jambes ci-dessus et qui nous livre ses commentaires ci-dessous. A vous Cognacq Jay.&lt;/p&gt; &lt;br /&gt; &lt;p&gt;Merci l'internet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour commencer, voici une molaire d'adéhène :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/images/thumb_P1070194.JPG&quot; alt=&quot;medium_P1070194.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette molaire est manifestement tombée de la bouche d'un sujet mâle. On peut distinguer nettement sur cette photo quelques débuts de caries. Les adéhènes sont réputés pour leur amour des éprouvettes en verre qu'ils aiment réclamer autour d'eux en hurlant &quot;test ! test ! test !&quot;. Personne ne comprend à quoi jouent les adéhènes mais il font tellement peur avec leurs hurlements que tout le monde leur donne à manger des tests. &lt;i&gt;&quot;J'ai encore passé un test adéhène&quot;&lt;/i&gt; est une phrase de plus en plus courante chez les arduennes et les arvennes. Mais les ogéhèmes veillent au grain, comme nous le verrons plus loin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour suivre, voici&amp;nbsp; une incisive d'adéhène :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/images/thumb_P1070200.JPG&quot; alt=&quot;medium_P1070200.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette incisive nous provient de la bouche d'une adéhène femelle. Avec un petit racloir nous avons prélevé un échantillon de quelques grammes de matière de cette magnifique dent et nous l'avons comparé avec un autre échantillon recueilli sur la molaire du molosse mâle. Aucun doute n'est permis. Il s'agit bien d'une même famille d'adéhènes que nous avons retrouvée en forêt de Fontainebleau. D'abord nous avons une molaire mâle de père adéhène, puis une incisive femelle de mère adéhène et enfin, les dents des enfants adéhènes. Nous avons comparé les échantillons prélevés sur toutes ces dents de géants. Aucun doute n'est permis, il s'agit bien du père, la molaire, de la mère, l'incisive, et de leurs enfants, les dents de lait que voici. Tout démontre qu'ils avaient bien le même coeur de pierre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici les dents de lait laissées par les petits adéhènes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/images/thumb_P1070220.JPG&quot; alt=&quot;medium_P1070220.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/images/thumb_P1070219.2.JPG&quot; alt=&quot;medium_P1070219.2.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons trouvé d'autres preuves encore, de la présence des adéhènes&amp;nbsp; en forêt de Fontainebleau. Ainsi, voici les derniers étrons de ces pauvres adéhènes. Nous tenons à la disposition de nos lecteurs d'autres images irréfutables, qui démontrent que cette&amp;nbsp; famille adéhène a séjourné et a bien été exterminée à Fontainebleau, près d'une route nationale, départementale plutôt, oui c'est ça, enfin entre les deux, entre une nationale et une départementale disons, voilà. Quoi qu'il en soit, nous avons également la preuve que ce sont bien les ogéhèmes les coupables. Ce sont les taches jaunes que l'on distingue assez nettement sur l'étron de droite qui nous ont mis sur la piste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/images/thumb_P1070240.2.JPG&quot; alt=&quot;medium_P1070240.2.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/images/thumb_P1070237.2.JPG&quot; alt=&quot;medium_P1070237.2.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici donc, en exclusivité mondiale, la cause de la disparition de cette famille adéhène, l'arme du crime, et ce qu'il reste du méchant stratagème des ogéhèmes qui ont cherché à dissimuler leur forfait derrière des feuillages tout en emportant l'ouvre-boîte :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/images/thumb_P1070224.JPG&quot; alt=&quot;medium_P1070224.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;img src=&quot;http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/images/thumb_P1070227.JPG&quot; alt=&quot;medium_P1070227.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Attention. De belles âmes essaieront de vous faire croire que tout n'est que cailloux, troncs d'arbres, boîtes de conserves oubliées par quelques arvennes avinés, et autres choses du même genre. N'écoutez pas ces bêtises. Ce sont bien là les dernières traces laissées par des adéhènes en forêt de Fontainebleau lors d'une irréfutable défaite face aux ogéhèmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En réalité, pour nous, arduennes, arvennes et autres tribus pensantes, il convient de bien se méfier des deux espèces de géants en voie d'apparition que sont les adéhènes et les ogéhèmes. Adéhènes et ogéhèmes menacent de nous dominer s'ils ne s'exterminent pas entre eux. Les adéhènes, ainsi qu'il a été dit, ont un coeur de pierre, cela se voit bien parfaitement à leur dentition, tous les échantillons prélévés l'ont démontré. Quant aux ogéhèmes, le piège utilisé pour exterminer cette famile d'adéhènes en forêt de Fontainebleau démontre combien ce sont de géants petits malins qui vous distribuent des grains qui ont l'air bien innocents mais qui vous abattent sans coup férir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CQFD, à vous l'internet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Merci Cognacq Jay. Après cette interruption scientifique qui nous a semblé importante à faire connaître à nos lecteurs, nous reprendrons bientôt le cours de notre roman familial, avec de nouveaux personnages. Ce ne sera pas toujours aussi triste qu'au début mais quelques épisodes seront néanmoins certainement encore un peu durs à supporter, ils ont été vécus pour ça. C'est pourquoi, en accord avec l'éditeur, il a été décider d'alléger ce texte par des coupures de bulletins d'information, scientifiques, généalogiques, botaniques ou touristiques, jamais politiques mais en revanche toujours accompagnés de musique, comme tout bon intermède qui se respecte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fin de l'intermède musical (Pendant votre lecture vous avez dû entendre &lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra_(po%C3%A8me_symphonique)&quot;&gt;Ainsi parlait Zarathoustra&lt;/a&gt; op. 30&lt;/b&gt; -&lt;b&gt;Also sprach Zarathustra&lt;/b&gt;- &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Po%C3%A8me_symphonique&quot; title=&quot;Poème symphonique&quot;&gt;poème symphonique&lt;/a&gt; écrit par &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Strauss&quot; title=&quot;Richard Strauss&quot;&gt;Richard Strauss&lt;/a&gt; de février à août &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/1896&quot; title=&quot;1896&quot;&gt;1896&lt;/a&gt;. Si vous n'avez rien entendu demandez à votre fournisseur d'accès. Attention, en vertu de ce qui précède cette page n'est pas un chapitre numéroté du roman.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Traversées</title>
<link>http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/archive/2007/10/05/traversées.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (Michel Horville)</author>
<pubDate>Thu, 04 Oct 2007 00:05:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Lorsque les enfants étaient petits je les conduisais à l'école. &quot;Le petit bonhomme est rouge, je ne bouge pas. Le petit bonhomme est vert, je traverse là. Entre les bandes blanches, qui protègent mes pas, des chauffeurs du dimanche, qui ne s'arrêteraient pas.&quot; Tous les matins ou presque, devant le passage zébré de la place Jeanne d'Arc je leur chantais cette paternelle inventoriette pour les faire traverser prudemment.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un matin de petites vacances,&amp;nbsp; dans un centre aéré de la rue du Château des Rentiers, je demande à parler à une fillette qui, la veille, a embêté mes filles et celle de notre voisine, en leur demandant de partir d'ici, parce qu'elles ne sont pas chez elles, que ce n'est pas leur école, et qu'elles doivent retourner d'où elles viennent. Toute la journée les trois filles ont été insultées, maltraitées. Personne n'a rien dit. Les enfants sont rentrées choquées.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je rencontre d'abord la fillette puis je demande un entretien avec la directrice du centre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que dit la petite, avec sa peau noire, ses grands yeux apeurés et ses cheveux bouclés ? Elle dit que oui, en effet, elle ne veut pas voir dans son école des enfants&amp;nbsp; qui ne seraient pas de sa rue. Elle commence où, et elle finit où, ta rue, fillette ? Là, entre le boulevard Masséna et la rue là-bas, au bout, je ne sais pas comment elle s'appelle. Et alors ? Quand on n'habite pas cette rue on n'a pas le droit de venir chez toi, c'est ça ? C'est ça. Cette école c'est chez toi et on n'y entre pas si on n'en fait pas partie, c'est ça ? Oui Monsieur, c'est ça. Tu n'aimes pas les étrangers, quoi. Non&amp;nbsp; Monsieur, en effet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'explique. Je fais le lien. J'élargis le sens. Je triture, elle carbure. Qu'est-ce que cette haine, qu'est-ce que ce ghetto. Viens voir de l'autre côté du métro comme c'est beau. Comme ici. C'est aussi chez toi là-bas. Dans tout Paris, dans tout le pays c'est chez toi aussi. Et pour nous ici c'est chez nous comme chez nous c'est chez toi. On appelle ça la vie ensemble. L'hospitalité. Le partage. Tu es bienvenue dans l'autre école quand la tienne ici est fermée. Que dirais-tu si on te donnait des coups de pied lorsque tu dois changer de quartier. Elle apprend, elle comprend. Les jours suivants elle sera autrement, tous les matins elle viendra me dire bonjour et accueillir les filles. Elle sait que j'ai passé un savon à la directrice et aux animateurs du centre. Elle a vu. Elle a entendu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bandes d'irresponsables. Comment pouvez-vous laisser faire des choses pareilles toute une journée sans intervenir comme je viens de le faire ? Ce n'est pas à moi, parent, de parler à la petite, de lui expliquer la vie ensemble, c'est votre devoir, votre travail. Bien sûr, ce n'est pas eux. Ils n'ont rien vu. Rien entendu. Et les trois victimes sont certainement les vrais coupables. Toujours la vieille même antienne. Ce qui leur est arrivé, elles l'ont certainement bien cherché. Qui sont les barbares ? La petite ou les déséducateurs ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Education toujours. Information. Formation. Nous sortons de la Grande Mosquée de Paris où nous aimons bien boire un&amp;nbsp; thé à la menthe le dimanche. Voici, devant nos oreilles ébahies, un policier en uniforme de la Police Nationale qui prie une personne âgée de s'adresser à un &quot;représentant de l'Etat&quot; pour résoudre le problème qu'elle lui expose. Il voulait certainement dire un député, un maire, un sénateur, un conseiller municipal. Un élu. Un représentant du peuple. Le réprésentant de l'Etat c'est lui. Mais il ne le sait pas. Quand il fera passer des tests ADN aux familles, se considérera-t-il comme le représentant du fabricant ou comme celui du distributeur ? Il faut aussi vérifier les connaissances, en effet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prochainement, je reviendrai vous parler d'autres questions d'identité. Je vous raconterai peut-être quelques histoires qui n'ont rien à voir. Par exemple celle du géant Adéhène qui a perdu une molaire en forêt de Fontainbleau. Avec cette molaire on pourra vérifier que les géants avaient un coeur de pierre. Après ces quelques digressions pour faciliter la digestion, de l'écriture pour moi, de la lecture pour vous, si vous êtes là, je reprendrai mon récit familial. Peut-être aussi que je vous présenterai aussi la femme de ma vie. Ma grand-mère.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A bientôt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fin du chapitre 7&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Adoption</title>
<link>http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/archive/2007/10/03/adoption.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (Michel Horville)</author>
<pubDate>Wed, 03 Oct 2007 00:05:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Elle cherche à contracter un mariage blanc. En échange de relations avec le milieu du cinéma de son pays. La Hongrie. Je visionne les films de Judit Elek à la cinémathèque. Premiers contacts avec une drôle de langue. Ribizli. Cassis. Le mariage blanc devient rose. J'épouse la soeur, B. Je la ramène à Pâques, à NSG, où je suis instituteur. En colère contre tout ce que j'entends des collègues lors des récréations. Pourquoi apprendre le français à cette petite marocaine qui repartira chez elle lorsqu'elle aura vingt ans c'est de l'argent gaspillé. Je vomis leurs caravanes, leurs campings dans les Landes, leur mutuelle, leur centrale d'achat, leur confusion entre Budapest et Bucarest, leur dénégation de l'opression, leur étroitesse d'esprit inversement proportionnelle à la largeur d'écran de leur téléviseur. Je quitterai l'Education Nationale après avoir rempli le contrat décennal de l'Ecole Normale. Je deviendrai parent. Je sentirai souffler sur l'école le vent frais de la jeunesse enseignante universitairisée. Puis se lèvera de nouveau la brume de la vieillesse. Mais au moins ces enseignants là connaissent-ils l'Inde, Ceylan et le Pakistan, la Moravie et l'Andalousie, la Colombie et la Papouasie, ça change des Landes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;B. apprend le français. Régulièrement, à l'appartement, la DST vient nous vérifier. Pour sa nationalité. Pas encore de tests. On ne contrôle pas l'amour, seulement la présence de madame au foyer. Pas de vérification de langue. Pas de sérum de vérité. Pas de détecteur de mensonges. Tout est en règle. Tout est en ordre. Voici votre Carte Nationale d'Identité. B. est maintenant française.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque nous nous sommes mariés elle pouvait quitter son pays pour l'Ouest une fois tous les sept ans. Passeport bleu confisqué à la rentrée au pays. Puis sa mère pourra venir nous visiter une fois tous les trois ans. Quelle chance. Les portes de la prison socialiste s'entrouvrent. Enfin le passeport rouge des Pays Frères de l'Est et le passeport bleu de l'Ouest seront fondus en un seul livret marron socialiste. Pendant quelques années encore il faudra un visa. Puis une simple carte d'identité suffira. Que le temps passe vite et comme c'est heureux que sur la route européenne, entre l'Atlantique et la mer Noire, on sente enfin que nous faisons partie d'un seul et même continent, jusqu'au Bosphore où l'on attend de rejoindre la maison commune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous vivons à Paris. Nous faisons des fivettes. Les éprouvantes éprouvettes nous désapprouvent. Pas d'enfant. Adoptons. Commissions. Vérifications. Autorisations. Double adoption.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tizta apia. Tizta apia. Je n'entends que ça. Tizta apia. C'est son père tout craché. A., ma fille, mon bébé de dix-huit mois est dans mes bras. Chaque personne croisée près de la place örsvezer de Budapest y va de son tizta apia. Ils ont tous raison. Nos deux filles nous ressemblent, l'une à son père, moi, l'autre à sa mère, B. Comme je ressemble à mon vrai père, Albert, et à mon faux père, le docteur H. Ainsi va la vie. C'est tellement joli la vie.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et voilà notre troisième enfant. Contre toute attente, B. est enceinte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle nous fait un beau musicien, un vrai petit chanteur. Les deux soeurs, A. et K. lui portent des cadeaux à la maternité. Voilà votre frère, B. Il est beau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On va s'aimer. On s'aimera. On se cherchera. On se trouvera. On se détestera. On se reconstituera. On s'aimera de nouveau. On se fâchera encore. On partira. On reviendra. On vivra, quoi. Et aussi, ça va de soi, on se ressemblera, pas besoin de tester nos Acides Désherboribo Nucléos pour ça. Notre acide à nous c'est un acide bien plus précieux et moins dangereux, notre ADN c'est l'Amour De Naissance. Voilà le document Monsieur le fonctionnaire du consulat d'Estampia. C'est bon Chef ? Ils ont fait un test ADN ces gens-là. C'est un nouveau labo, que je ne connais pas, mais ça a l'air sérieux. C'est agréé par le Ministère du Bonheur et de la Fraternité. Les tests sont bons, c'est bien le même ADN pour tout le monde. Alors tamponnez Isidore. Tamponnez. Donnez une âme à leurs documents. Tamponnez-les et passez au suivant. Bien Chef. Ils ont leur visa pour le plus beau pays du monde. Au suivant ! &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis bien sûr, on grandira et du plus mauvais temps viendra. Les parents, B. et moi, divorceront. Il y aura des tensions. Des séparations. Des illusions. Des désillusions. Des disputes. Des procès. Des vacances à la montagne. Des voyages à Amsterdam. Des fins de semaines agitées. Des noëls apaisés. Des juillets séparés. Des aoûts partagés. Une autre vie. Une famille décomposée. Une impossibilité de recomposer. Je suis lâche. Je préfère éviter d'avoir à gérer des conflits permanents entre ma compagne et mes enfants. La jonction se fera un jour. C'est en marche.&amp;nbsp; Donner le temps au temps. J'ai l'habitude. J'en suis conscient. A quoi sert de forcer les gens. Je ne force personne. On se plaint pourtant du contraire.&amp;nbsp; Mais pour faire la guerre il faut des guerriers. Je n'en suis pas un sur ce front là. Mes batailles sont ailleurs. Je cherche l'apaisement. Notre fille cadette, A., nous fait un petit breton, T. Voilà encore de l'ADN à partager. L'Amour de Naissance ne se défait pas. Et c'est cela qui compte. Un jour les parents ne sont plus là. Mais l'ADN des enfants survit. C'est comme ça pour mes frères et moi. Ce sera comme ça pour mes trois enfants. Je l'espère. Je le sens. L'essentiel est là. Ils pourront passer les tests, ils seront bons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et maintenant, avant de nous séparer jusqu'au prochain chapitre, revenons quelques instants à Rose-Marie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voilà. J'aurais demandé à la justice d'établir la paternité du docteur H. à mon égard. Le résultat aurait été positif, disons. On aurait donné suite aux délires de la pataille et de sa nièce Rose Bonbon, admettons. On aurait trouvé, imaginons. Oui, oui. C'est bien lui le coupable. Coupable&amp;nbsp; de vous avoir fait, Michel B., Michel H. J'aurais demandé des dommages et intérêts, délirons. Poussé par des avocats, bidons. Il y aurait eu un beau procès, rêvons. C'est bien ça qui se serait passé ? C'est ce que vous auriez fait ? Vous mesurez bien les conséquences de cette inconséquence ? Moi, si j'avais jamais eu envie de poursuivre quelqu'un devant les tribunaux c'est plutôt à la pataille et à Rose-Marie bonbon que j'aurais pensé.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt; &lt;p&gt;Et vous ? A qui est-ce que vous ressemblez ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fin du chapitre 6&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Juif</title>
<link>http://quoi-mon-adn.20minutes-blogs.fr/archive/2007/10/02/juif.html</link>
<author>noreply@20minutes-blogs.fr (Michel Horville)</author>
<pubDate>Tue, 02 Oct 2007 00:30:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Juif. L'annonce de Rose-Marie m'a transformé. Je n'ai pas pensé bâtard, j'ai pensé juif. Errant. Je suis devenu juif. Voilà. Ne me demandez pas pourquoi. C'est comme ça depuis cette seconde naissance. Profondément athée, ça ne change pas. Mais juif. Profondément juif. Ce n'est pas cultuel, c'est culturel. Je suis soudainement entré en errance. Et lui ? Muriel Aravir m'a dit que son nom est un nom juif, que je suis un petit juif, que c'est sûr, qu'elle le sait, pas seulement à cause de ma circoncision, pour d'autres raisons. Elle savait tout Muriel. Merci Muriel.&amp;nbsp; Vous m'avez très bien soigné, même si je ne me suis pas encore mis à l'hébreu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Etes-vous juif. Je ne lui ai pas posé la question quand je suis allé lui rendre deux petites visites.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La première fois j'étais anonyme. J'y allais juste pour voir à quoi il ressemblait. A moi. Assurément. Je ne m'étais pas présenté. J'avais prétexté un vague rhume pour une consultation banale. Quand j'ai énoncé mon nom, mon prénom et ma date de naissance, il n'a rien dit. Moi non plus. Mais il savait pourtant qui le regardait. Et je savais qu'il savait. C'était un peu étrange. Il me fallait revenir et lui poser LA question. La prochaine fois il serait prêt. Grâce à cette introduction, juste une petite entrée en matière avant le grand déballage, ensuite il serait fin prêt. Et moi aussi, je le serais. Je le lui enfoncerais profondément et le retournerais dans la plaie, ce couteau de la coutellerie de la rue de la Verrerie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un mois plus tard. Même lieu. Mêmes personnages. Etes-vous mon père. Non. Aucune question sur cette interrogatoire saugrenu. Aucun qui êtes-vous pour me demander une telle chose. Rien. Juste cette réponse. Sans une seconde d'hésitation. Non. Imaginez. Vous êtes là, assis à votre cabinet médical et un type que vous avez reçu un mois auparavant pour une grippette revient vous demander si par hasard vous ne seriez pas un peu son père. Et vous, tout ce que vous trouvez à lui répondre c'est un simple non ferme et définitif sur lequel il ne peut y avoir de droit de suite. Non. C'est tout et c'est tout simple, au fond. Et en vrai, cela ne méritait pas plus, au fond. Mais peut-être qu'ainsi lâché, aussi mûri, aussi préparé depuis un bon mois au four des sentiments et des interrogations, aussi cuit qu'une pomme sur une tarte tatin ce non valait un oui, au fond, non ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons poursuivi la conversation. Il s'est levé, est allé dans un meuble métallique, ou peut-être en bois, je ne sais plus. Il est revenu avec ma fiche. Un vieux bristol tout jaune. Une vieille écriture de sylo à plume. Avec des pleins et des déliés. De quoi nous délier. La preuve irréfutable que nous ne l'avons jamais été, liés. Son ADN. Attestation Définitive de Non-paternité. Voilà. Lorsque vous êtes né j'étais votre médecin de famille. Regardez. Lisez. Il tourne la fiche devant moi pour m'éviter d'avoir à lire son ADN à l'envers. Pour me remettre à l'endroit. Je vous ai suivi jusqu'à l'âge de cinq ans. Puis ensuite plus rien. Vos parents ont dû changer de médecin de famille. Je ne vous ai jamais revu. Je ne peux pas vous dire pourquoi. Je l'ignore. C'est comme ça. Les gens changent de médecin quand ils veulent. C'est leur droit. Je ne peux rien vous dire de plus.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au revoir Docteur. Merci de m'avoir reçu. Je vais réfléchir. Je vous téléphonerai un jour. Je vous inviterai peut-être à déjeuner. Vous m'en apprendrez sans doute plus à ce moment là. Je ne crois pas. Mais vous pouvez téléphoner quand même. Et revenez quand vous voulez. Je suis médecin. Je ne peux vous refuser l'accès à mon cabinet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jamais. Je n'ai jamais rappelé. Je ne suis jamais revenu. Un jour j'ai appris qu'il est mort à son tour. C'est la vie. Aucun compte à règler. Je n'ai rien à voir avec cette personne. Même si je dois bien reconnaître une certaine ressemblance de nos visages il m'était un parfait étranger. J'ai été un bon fils, mon père a été un bon père, mes frères sont de très bons frères. J'ai très bien réagi face à Rose-Marie. J'ai laissé couler le temps. Puis, à la suite d'une difficile rupture, j'ai éprouvé le besoin d'aller au bout de cette démarche. Pour moi-même. Juste pour me montrer que j'en étais capable. Je comprends aujourd'hui le désir de ma fille aînée de voir une fois au moins sa mère biologique. La biolo comme l'appelait sa soeur cadette quand elles étaient petites. Une fois. Juste voir à qui elle ressemble, et s'en aller. Je comprends cela. Je l'ai vécu. Je comprends aussi l'inverse. Le besoin de silence radiographique demandé par la plus jeune. Je connais bien ces deux besoins. J'ai commencé par le silence radio. Pas la dénégation puisque je me suis toujours interrogé et que j'en ai très souvent parlé à tout un tas de gens, comme à vous maintenant. Mais quelque chose à surmonter. Une sorte de démarche à dominer. Je pensais également que je devais faire cette visite de courtoisie pour plus tard. Pour mes enfants. Si j'en avais un jour. Et pour écrire cette histoire qui a toujours raisonné en moi comme une sorte de fait littéraire brut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Il dit que ce serait une espèce de roman dont il serait à la fois l'auteur et le personnage principal. Il dit que le personnage principal devrait rencontrer le premier personnage secondaire. Comme personnage principal et aussi comme auteur. Bien sûr, comme auteur, et comme hauteur aussi, pour en prendre, comme ça, de la hauteur. Il dit aussi qu'un jour, ce roman familial, il l'écrira, forcément, il l'écrira. Cette rencontre avec le docteur H. il dit que sera l'un des chapitres du livre. Ou peut-être une pièce de théâtre il dit, une pièce de théâtre. Un cabinet médical, un médecin, un patient, il dit. Les deux face à face, forcément face à face, il dit. Ils se ressemblent. Oui, forcément, ils se ressemblent. Etes-vous mon père. Non. Il imagine la scène. Il peut dresser le cadre, écrire les dialogues. Il le fera. Oui, il le fera.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien. Après ça j'ai fini par parler du docteur H. à mon frère C. Ou plutôt Marie-Claude, ma première ex-femme, après notre divorce, a raconté à C. ce qu'elle savait du Docteur H. et du soupçon de filiation qui pesait sur ses lunettes, les mêmes que les miennes, grosses montures noires, larges verres de myope, tout de même insuffisantes pour vous faire agréer une véritable adéhènité. Mon frère C. a dit qu'il savait depuis l'enterrement de notre mère. Il a dit que la pataille avait pataillé aux obsèques pendant les remerciements à la famille. Elle les avait pris à part, R. et lui, et leur avait tout dévoilé, enfin dévoilé. Je ne devrais pas vous le dire dans des moments pareils. Mais votre mère s'est suicidée. Alors quand même. Vous devez savoir. Cela peut certainement vous aider à comprendre son geste. Vous voyez ce que je veux dire. Votre petit frère n'est pas un fils légitime. C'est le fils du Docteur H. mais pas le fils de votre père à vous deux. D'ailleurs regardez, il ne vous ressemble pas votre petit frère Michel, n'est-ce pas. Mes sincères condoléances, mes pauvres enfants.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est quelque chose comme ça. Elle a dû parler à peu près en ces termes. C'est ce que C. a raconté à Marie-Claude, en 1977. Il y a trente ans. Il y a prescription. Il y a permission. Je me permets. Et je transforme pour la forme. Comprenez. C'est diffiile à rédiger. Même après trente ans de mûrissement. J'ai tout connu toutes sortes de sentiments. Beaucoup d'épanouissement, de la distance, de l'étonnement, de l'amusement, et depuis ce scandale des tests ADN pour prouver sa filiation aux fins d'obtention d'un simple visa pour la France, de la saine révolte qui remonte et qui me fait recracher tout, forcément tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans quelques années d'ici, lorsqu'elles viendront demander le renouvellement d'une pièce d'identité, demanderez-vous à mes filles de prouver leur filiation par un test ADN au prétexte de leur naissance à l'étranger ? Vulgaires patailles blondasses, protégées par l'autorité de votre tampon administratif -le tampon, c'est l'âme du document- essaierez-vous à votre tour de casser la fratrie de mes trois enfants au prétexte de leur sang ? Ce n'est pas acceptable. Si quelques rares pays pratiquent ainsi, au lieu d'importer cela chez nous il est au contraire de votre devoir d'essayer de le faire supprimer là où ça existe. Parce que c'est idiot et dangereux. Vous avez mis le doigt dans un sinistre engrenage. Retirez le vite ce doigt. Ecoutez la voix de la sagesse de nos bons sénateurs. &lt;a href=&quot;http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/repliques/index.php?emission_id=14&quot; title=&quot;Carton jaune à Alain F.&quot;&gt;Editorialistes&lt;/a&gt; (Alain Finkielkraut, France Culture, entretien avec Lionel Jopsin, samedi 29 septembre 2007) ne vous demandez pas si les bobos que vous détestez pour ne pas vous détester vous-mêmes ne sont pas dans l'erreur avec la contestation de ce sinistre amendement parlementaire. Ne vous interrogez pas pour savoir si cet empêchement de tests ADN volontaires, forcément volontaires, n'empêchera pas de délivrer quelques visas supplémentaires à des enfants qui auraient réussi à (se faire) payer un test prouvant leur filiation, sans vous interroger pour savoir si à l'inverse, un tel test appliqué à une fratrie ne risquerait pas, au contraire, de compromettre la vie d'une famille entière, et d'interdire à des frères de coeur et de nom de suivre leurs non-frères de sang. Le choix de Sophie répété à l'envi dans tous les consulats de France en quelque sorte. Une honte. Une seule famille anénantie à cause de ces bêtises, ce simple petit risque là devrait vous être largement suffisant comme évident principe de précaution. Chacun, chacune d'entre nous a droit à ses secrets. Quel que soit son pays, quelles que soient ses origines, réelles ou supposées. Arrêtez cet ADN de fouilles-merde, cette machine à broyer des fratries. Occupez-vous des chiens dangereux Monsieur le Député. Non, il ne s'agit pas de crier au fascisme. Ce serait trop simple. &lt;a href=&quot;http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/rdv_politiques/index.php?emission_id=35060155&quot; title=&quot;Carton bleu à Etienne P.&quot;&gt;Politiciens&lt;/a&gt; (Etienne Pinte, France Culture, avec Dominique Rousset,&amp;nbsp; samedi 29 septembre 2007) vous qui savez vous engager et contre le panurgisme de votre propre camp, bravo, merci, encore, respect.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai fait mon choix. Je me suis tu. Mes frères ont fait leur choix. Ils se sont tus. Un jour nous avons su que les deux autres savaient. Il ne s'est rien passé de plus parce qu'il ne devait rien se passer de plus. Et maintenant ? Pensez-vous que nous devrions dépenser &lt;a href=&quot;http://www.dnasolutions.fr/test-de-paternite-promotion.html?gclid=CI_oz4ak7o4CFSdDZwodUmhRNw&quot; title=&quot;Beuark !&quot;&gt;199 euros&lt;/a&gt; pour acheter un test de fraternité ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Imaginez à présent que je sois orphelin, et que je resterais seul au monde parce que mes frères auraient émigré. Si je voulais les rejoindre, au titre du regroupement familial, ces frères qui seraient de pauvres immmigrés, au Canada, en Australie ou au Burkina Faso, est-ce que je devrais accepter de produire à l'administration de l'un de ces pays le résultat de ce test ? Je connais ce cas. Le frère d'un de mes meilleurs amis est mort en Afrique, laissant trois enfants en bas âge. C'est maintenant Tonton S. le chef de famille. C'est comme ça en Afrique. Imaginons. L'administration française accepte d'accorder un visa aux enfants du frère de Tonton S. pour qu'ils puissent le rejoindre à Paris. Mais un test ADN est conseillé, forcément conseillé, fortement conseillé. Juste pour justifier, pour rien de plus, ce n'est pas grand chose quand même, juste un petit point favorable en plus dans votre dossier mais ce n'est pas obligatoire vous savez, c'est seulement pour confirmer que R., C. et M., les trois enfants, sont bien ceux de leur père et par voie de conséquence les véritables neveux de Tonton S. Imaginez. On fait le test. Bien sûr, on le fait le test. Tonton S. a envoyé l'argent. Le consulat reçevra le résultat. Par internet ça va vite, bien sûr, ça va très vite, forcément ça va vite et bien, c'est beau, c'est grand, c'est généreux la France, et l'internet aussi, et le consulat également, et l'ambassade de même, et le ministère des affaires étrangères évidemment, toutes ces forces vives, vous comprenez, c'est forcément généreux, c'est pour vous aider, vous être utile, vous reconnaître, après tout, les orphelins, vous êtes des humains comme les autres. Ah, voilà. Nous avons le test. Déjà. C'est formidable, non ? Ah. Un des trois enfants, M., est déclaré négatif. C'est ennuyeux ça. Cher petit monsieur vous avez essayer de rouler l'Administration française. Mais celle-ci ne s'en laisse pas conter ainsi. Seuls les deux enfants reconnus comme neveux légitimes de Tonton S. pourront le rejoindre à Paris. Mais pas le bâtard. Pas le juif. Il ne s'intégrerait pas bien, vous comprenez, nous ne pouvons l'accepter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voilà. Ce genre de plaisanterie on sait où ça commence, jamais où ça finit. Je suis suffisament bâtard et juif, juif et bâtard, pour en témoigner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fin du chapitre 5&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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